
Chef-d’œuvre de l’orfèvrerie médiévale réalisé au XIIIe siècle, la châsse avait été transférée au musée en 2009 afin de garantir sa conservation dans de meilleures conditions. Son retour constituait l’un des enjeux majeurs du vaste programme de restauration de l’église Saint-Taurin, dont Lympia Architecture assure la maîtrise d’œuvre.
La première tranche de travaux a ainsi notamment permis la restauration et l’aménagement de la chapelle destinée à accueillir de nouveau ce trésor. Conservation, sûreté, mise en valeur et présentation au public ont été pensées conjointement, afin de permettre le retour de l’œuvre dans son contexte historique tout en répondant aux exigences qu’imposent aujourd’hui sa préservation et sa protection.
La valeur exceptionnelle de la châsse tient d’ailleurs moins à la valeur intrinsèque de ses matériaux qu’à son importance artistique, historique et patrimoniale. Une grande partie des pierreries qui l’ornaient à l’origine a disparu au cours de son histoire, notamment lors du pillage du trésor de Saint-Taurin en 1564. Ce sont aujourd’hui la qualité remarquable de son orfèvrerie, de ses émaux et de son iconographie, son ancienneté et son caractère unique qui en font une œuvre majeure du patrimoine médiéval.
Le projet devait ainsi concilier la nécessaire sécurisation d’une œuvre irremplaçable avec le maintien de sa visibilité et de son lien avec l’architecture de la chapelle. Les dispositifs mis en œuvre ont été conçus pour demeurer aussi discrets que possible et laisser toute sa place à la lecture de la châsse et de son écrin restauré.
Au-delà du retour d’une œuvre exceptionnelle dans son lieu d’origine, cette réinstallation marque une étape importante du chantier de restauration de Saint-Taurin et redonne tout son sens au lien historique, artistique et spirituel qui unit depuis des siècles la châsse à l’édifice.